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Lutte contre le gaspillage alimentaire : Les limites des dates limites !

29/05/2014

Alors  que  le  gaspillage  alimentaire  est  une  préoccupation  grandissante  et  que  les  Français  jettent  chaque année 20 kilos de nourriture dont 7 kg de produits jamais déballés, l’UFC-Que Choisir à l’appui d’un test labo exclusif ,  alerte  sur  l’incohérence  de  l’encadrement  des  dates  de  péremption  et  en  appelle  aux  pouvoirs publics.  Plus  particulièrement,  l’UFC-Que  Choisir  dénonce  le  raccourcissement  à  l’excès  des  dates  limites de  consommation  par  les  industriels  pour  de  pures  raisons  de  marketing,  ainsi  que  la  confusion  entre  les deux types de dates limites -DLC et DLUO - en raison du cadre règlementaire.

•  La DLC, une date sanitaire … trop contournée par les industriels 


 La  réglementation  européenne  exige  que  les  aliments  les  plus  périssables  portent  une  ‘Date  Limite  de Consommation’  (DLC  -  précédée  de  la  mention « A  consommer  jusqu’au /  avant  »). 

Au-delà  de  cette  date, les aliments sont susceptibles de présenter un danger pour la santé. Pourtant, les révélations récentes des pratiques  de  certains  industriels  qui  définissent  des  durées  de  vies  différentes  selon  les  zones  de commercialisation  ou  qui  raccourcissent  les  dates  pour  accélérer  les  rotations  en  rayon,  ont  pu  ébranler  le dogme selon lequel on ne doit jamais dépasser cette date. 


 C’est dans ce contexte que l’UFC-Que Choisir a examiné l’évolution de la qualité sanitaire pour 10 produits porteurs d’une DLC, à partir de la date limite, puis à trois dates ultérieures (entre 4 jours et 3 semaines selon le  type  de  produit).

Or  si  au  moment  de  la  DLC  la  qualité  bactérienne  est  globalement  bonne,  l’analyse révèle  qu’elle  s’altère  rapidement  après  pour  deux  produits  carnés  (jambon  et  filets  de  poulet),  et  qu’à l’inverse  pour  un  tiers  des  produits  les  dépassements,  pourtant  considérables,  de  la  DLC  n’ont  pas  eu le moindre impact sanitaire :

  • Pour  3  produits  sur  10,  des  DLC  raccourcies  pour  des  raisons  marketing  :  pour  la  crème dessert et les deux yaourts testés, la qualité hygiénique est restée parfaite plusieurs semaines après la  DLC,  soit  une  durée très  supérieure  à  la  marge  de  précaution  nécessaire    sur  ces  produits. Sachant  que  la  DLC  est  définie  pour  ces  produits  sous  l’entière  responsabilité  des  fabricants,  une telle  marge  laisse  à  penser  que  ces  DLC  ont  été  raccourcies  pour  des  motivations  non  pas sanitaires, mais purement marketing. 

 
•  DLUO-DLC, des mentions qui sèment la confusion 


 Les aliments plus stables dans le temps, sont quant à eux porteurs d’une « Date Limite d’Utilisation Optimale » (DLUO - précédée de la mention « A consommer de préférence avant  … »), qui indique seulement la date au-delà de laquelle les qualités gustatives se dégradent.

Il n’y a donc aucun risque sanitaire à la dépasser.
Pourtant 18 % des consommateurs européens ne comprenant pas la mention "A consommer de préférence avant  le"  ,l’interprètent  comme  une  date  limite  de  consommation  et  se  privent  donc  de  consommer  des produits parfaitement sains.

C’est à ce titre que le Conseil Economique Social et Environnemental a appelé à  une  révision  des  mentions  précédant  les  deux  dates  limites  afin  de  lever  toute  ambiguïté  sur  leur signification pour les consommateurs.

Après  avoir  obtenu  que  la  Loi  impose  aux  fabricants  des  dates  limites  identiques  pour  l’Outre-Mer  et  la Métropole , l’UFC-Que Choisir, dans l’objectif de réduire le gaspillage alimentaire, demande aujourd’hui aux Pouvoirs Publics de passer à la vitesse supérieure et :
 
 -  d’encadrer la définition des DLC de manière à ce que celles-ci soient établies exclusivement sur la base de critères sanitaires, 
-  de  rendre  plus  explicite  aux  yeux  des  consommateurs  la  différence  entre  DLC  et  DLUO  en modifiant les mentions précédant ces deux dates.

 


Par ailleurs, pour aider les consommateurs à lutter contre le gaspillage alimentaire l’UFC-Que Choisir, outre la publication de son dossier, rappelle la nécessité d’acheter en premier lieu des quantités correspondant à leurs besoins réels, de stocker à des températures adaptées et de consommer en priorité, parmi les produits achetés, ceux qui sont les plus proches des dates limites.
                                                

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